Combattre les nausées et les vomissements de la chimiothérapie
La chimiothérapie provoque, chez la quasi-totalité des
malades, des nausées et des vomissements. Il convient d’y remédier
rapidement pour le confort de la personne malade, mais aussi pour prévenir la
dénutrition qui est un élément très péjoratif dans l’évolution d’un
cancer.
Les chimiothérapies induisant le plus de nausées sont
par ordre de fréquence : cisplatine, dacarbazine, cyclophosphamide, doxorubicine, étoposide,
mitomycine, méthotrexate… mais d’autres produits prescrits pendant un cancer
peuvent également induire des nausées comme les antalgiques de classe 2 ou 3.
Les nausées commencent souvent le soir
ou le lendemain de la chimiothérapie et persistent quelques jours, rarement
davantage. Elles peuvent être accompagnées de mauvais goût dans la bouche,
de modifications du goût, voire d’une sensibilité particulière aux
odeurs.
Les causes des nausées et vomissements
Les nausées et vomissements lors d’une chimiothérapie
peuvent avoir plusieurs origines :
- La stimulation des centres nerveux supérieurs à la suite de
l’anxiété.
- L’activation directe du centre des vomissements dans le système
nerveux central (noyau du tractus solitaire).
- L’excitation des voies nerveuses de la moelle épinière
et du tube digestif.
- L’excitation des muscles du tube digestif : estomac,
intestin, vésicule biliaire.
- La stimulation du système nerveux parasympathique (autonome) à
la suite de l’irritation du tube digestif et du foie.
- Une constipation importante.
Les traitements conventionnels
Lors d’une chimiothérapie, les antinauséeux
sont généralement prescrits de manière systématique. Plusieurs
protocoles sont proposés. Ils associent :
- Les neuroleptiques : Primpéran, Vogalène, Motilium, Péridys. Mais aussi : Haldol,
Largactil… Ils ont un effet limité en cas de chimiothérapie et présentent
des effets secondaires possibles notamment sur la vigilance.
- La cortisone (Dexaméthasone).
- Les sétrons (anti-5-HT3) comme Zophren, Navoban, Kytril… qui
ont une action puissante mais également riche en effets
indésirables (allergie, vertiges, troubles visuels, bouffées de
chaleur, hoquet, constipation…).
- Les aprépitants (anti-NK1) comme Emend,
Ivemend… qui sont des antiémétiques très efficaces mais sont accompagnés
de réactions hépatiques, céphalées, vertiges, hoquet, fatigue…
Les remèdes naturels
Les remèdes naturels sont moins puissants que
les médicaments chimiques, mais ils n’induisent pas ou très peu d’effets
indésirables. C’est pourquoi, ils apportent une aide précieuse lors de ces
périodes nauséeuses. Il y a le choix :
- D’abord l’homéopathie, facile à prendre pendant cette période.
Les remèdes les plus fréquents sont Petroleum 4 CH, Cocculus 4 CH,
Hydrastis 4 CH, Pulsatilla 4 CH, voire
Phosphorus 4 CH à raison de 3 granules avant les repas et en cas
de nausées.
Une étude a
démontré l’efficacité de la Cocculine à raison de 2 comprimés à sucer
avant les repas et en cas de nausées.
- La préparation Weleda 822 est aussi très intéressante : 20
gouttes avant les trois repas dans un peu d’eau de source.
- Le desmodium, cette plante africaine, est remarquable
dans cette indication. Elle calmera les nausées tout en protégeant
le foie de l’agression de la chimiothérapie. À défaut de desmodium, il
est possible de faire appel à l’artichaut (Chophytol), à la fumeterre
(Oddibil) ou au tilleul (Vibtil) à raison de 1 à 2 comprimés avant
les trois repas.
- Ajoutons les huiles essentielles de menthe poivrée et de
citron jaune à prendre, ou mieux à inhaler, régulièrement au
cours de la journée.
Les premières mesures
Des mesures simples permettent de diminuer les nausées
et vomissements :
1. Éviter les boissons chaudes et préférer
les boissons froides ou glacées. Sucer des glaçons ou des boissons qui ont
été préalablement congelées.
2. Fractionner ses repas en petites collations réparties au
cours de la journée.
3. Choisir des aliments ayant peu d’odeur, car celles-ci
aggravent les nausées.
4. Éviter de boire de grandes quantités de liquide au cours des repas.
5. Manger ce qui fait plaisir et lorsqu’on en a envie.
6. Mastiquer lentement les aliments dans un
contexte agréable et détendu.
7. Éviter les repas gras et choisir plutôt des aliments
secs, des biscuits, des aliments doux, pauvres en goût (blanc de
poulet, riz…) et de saveur agréable : eau citronnée, mentholée, jus de
fruits, jus de légumes, limonade…
8. En cas de vomissement, se rincer la bouche avec de l’eau citronnée.
9. Se distraire afin de moins penser aux nausées.
10.
Prendre l’air et faire de courtes promenades à l’extérieur.
